dimanche 19 février 2017

L'assassin royal, tome 1 : L'apprenti assassin

Auteur : Robin HOBB
Editeur : France Loisirs
Parution : mai 2000
Nombre de pages : 566





Au royaume des six Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant - par tradition, le nom des seigneurs doit modeler leur caractère- décide de renoncer à son ambition de devenir roi-servant en apprenant l'existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l'égide du maître d'écurie Burrich. Mais le roi Subtil impose bientôt que FITZ reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L' enfant découvrira vite que le véritable dessein du monarque est autre : faire de lui un assassin royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu'à un fil : celui de sa lame...











Ce que j'en ai pensé



Quand on s'attaque à une oeuvre aussi connue et aimée que L'Assassin Royal, on espère de tout cœur l'apprécier également, pour ne pas avoir l'impression de passer à côté de quelque chose. Car on n'est jamais sûr de rien, même si on a adoré une autre série de l'auteur, comme ça a été mon cas avec Le Peuple des rennes

Fort heureusement, je n'ai pas eu de mauvaise surprise, et je peux confirmer que Robin Hobb fait bien partie des auteurs que j'aimerai, quoi qu'il arrive.

En effet, ce tome 1 fut un vrai régal de lecture, grâce à sa plume magnifique et captivante ! Quel style ! Quelle abondance de détails qui, loin d'alourdir le récit, le rendent au contraire plus vivant, plus réel, plus immersif ! Quand on plonge dans le récit, c'est entièrement. Et même pendant les moments où on ne lit pas, on est toujours un peu dans l'histoire. 

L'histoire, justement, commence quand un vieil homme amène au château du roi un garçon de 5 ou 6 ans, qu'il dit être le fils de Chevalerie, le roi-servant (c'est-à-dire le Prince qui doit régner après son père mais qui règne déjà avec lui de son vivant, tout en lui devant obéissance). Comme ce prénom est quand même un peu étrange, je dois expliquer que dans ce monde, les enfants royaux ont des prénoms évocateurs de vertus ou de talents et la croyance populaire veut que leur caractère et leur comportement soient conformes à leur prénom. Personnellement, j'ai trouvé cette idée géniale ! 
Devant cette preuve vivante de son infidélité à son épouse, Chevalerie pense ne plus être digne de régner, puisqu'un roi doit incarner la droiture et l'honneur, et se retire donc dans un fief lointain, avec sa femme. 
Le petit sera donc prénommé Fitz (ce qui signifie "bâtard" dans l'ancien langage de ce monde), ne connaîtra jamais son père et sera élevé par Burrich, l'homme-lige de Chevalerie, un homme bourru mais loyal et respecté de tous, également palefrenier en chef de Castelcerf, le château royal.

Son enfance se passe plutôt bien, compte tenu des circonstances, et on échappe dans ce roman à l'éternel couplet de l'orphelin maltraité et malheureux, et vers l'âge de dix ans, le Roi, qui l'a remarqué et se dit qu'il pourrait lui être utile, commence à lui faire prendre des cours qui feront de lui un homme digne de la famille royale. Car même s'il est un bâtard, il n'en est pas moin le fils d'un prince ! Et à ce titre, il peut servir les intérêts du Royaume. C'est pourquoi, en plus, des leçons de maniement d'armes et de lecture et d'écriture, sa formation la plus importante (et absolument secrète) sera celle d'Assassin royal, ou comment apprendre toutes les différentes façon de tuer discrètement mais efficacement un être humain.

Bien sûr, on comprendra qu'avec une telle trame, l'aspect politique soit très important dans ce roman, et j'ai vraiment apprécié cet aspect. Le monde de cette série est différent du nôtre, bien sûr, fantasy oblige. C'est un univers médiéval de rois, de guerriers, de pirates et de chevaliers. Il se nomme les Six-Duchés, et c'est royaume composé, comme son nom l'indique, de plusieurs duchés sensés être soumis au roi mais qui, en fait, ne sont pas toujours hyper loyaux. Donc on assiste aux exposés des différentes options à évaluer au niveau stratégique, on nous explique les implications que chaque geste peut avoir, les répercussions, les alliances qu'entraîneraient un mariage avec telle princesse plutôt que telle autre, les sous-entendus, les complots, les faux amis et les vrais traîtres... Tout cela est parfois dur à démêler pour un jeune garçon comme Fitz mais c'est passionnant à lire, surtout que sa vie dépendra très souvent des décisions qu'il  aura à prendre, et qu'il sera parfois confronté à de réels et cruels dilemmes.

Avec une série d'une telle ampleur, il est logique de trouver toute une galerie de personnages, tous extrêmement bien travaillés et exploités, ce qui contribue grandement à notre plaisir de lecteur. Certains sont vraiment attachants et sympathiques, d'autres plus ambigus, d'autres franchement haïssables. Et il y en a que l'on aime bien tout en étant parfois agacé par leur comportement.

Comme le récit est à la première personne, raconté par Fitz lui-même, c'est bien sûr à lui que l'on s'attache le plus. Il est d'une grande intelligence, mais on ressent en même temps très bien son innocence enfantine, ses peurs, ses chagrins et ses joies. On est totalement en empathie avec lui, et c'est un des gros points forts du roman.

Côté "magie", il y a deux sortes de pouvoirs : le Vif et l'Art. Le Vif est un don que possèdent certaines personnes de façon innée, et qui leur permet d'être "connecté" avec l'esprit des animaux. Ils ressentent et voient tout ce que voit et ressent l'animal, et réciproquement. Ce don est mal vu, car il peut conduire l'homme qui le possède à se retrouver quasiment à l'état sauvage, et à ne plus faire de différence entre son propre esprit et celui de l'animal auquel il est relié. Mais il peut être très utile, notamment en cas de danger. Fitz possède ce don, mais il doit le cacher. Son "père adoptif" Burrich, est au courant mais lui interdit formellement de s'en servir. Avec ce don, Fitz peut également ressentir les émotions des êtres humains, mais le lien est moins fort qu'avec les animaux.

L'Art n'est pas inné. Il doit s'apprendre. Mais il faut quand même avoir des prédispositions, ce qui n'est pas le cas de tout le monde, et seules certaines personnes sont capables d'acquérir sa maîtrise car elle est très difficile et cela peut s'avérer extrêmement dangereux si l'on s'en sert mal. En gros, il s'agit d'un pouvoir de manipulation mentale et de télépathie. Grâce à l'Art, on peut non seulement communiquer sur de très longues distances, mais aussi persuader quelqu'un de faire ce que l'on veut qu'il fasse, ou lui faire croire des choses. Fitz va être initié à l'Art, mais par un "maître" qui le hait et qui va tout tenter pour que sa formation soit un échec. Celle-ci sera une véritable épreuve pour Fitz, qui devra montrer une incroyable force de caractère et une volonté admirable, et c'est un des passages les plus durs du roman.

Ce premier tome met en place tout l'univers et les bases de l'histoire, mais l'auteur parvient à éviter l'écueil inhérent à de trop nombreux tomes d'introduction, à savoir la lenteur. Ici, au contraire, il se passe plein de choses. On voit le petit Fitz grandir et prendre de plus en plus conscience de sa place dans cet univers et du rôle qu'on s'attend à lui voir jouer. Il évolue, mais le monde aussi change autour de lui. Le royaume, qui était en paix à sa naissance, est frappé par l'horreur et la désolation, et c'est à la famille royale que revient le devoir de rétablir le calme et d'assurer la sécurité de son peuple. 



Conclusion : J'ai vraiment pris un énorme plaisir à cette lecture et je n'ai qu'une hâte : lire la suite !

Ma note : 17/20





Cette lecture rentre dans le cadre des challenges :

































4 commentaires:

  1. Oui, je pense que tu prendra autant de plaisir à lire la suite, qui est vraiment dans le même genre.
    Pour ma part j'avais bien aimé cette série bien qu'au final elle soit quand même un peu dans une ambiance déprimante j'ai trouvé (dans son ensemble hein, pas forcement le premier arc)

    RépondreSupprimer
  2. Quelle chronique !! Je suis contente que tu ai aimé ! 15 ans après avoir commencé cette série, je suis toujours aussi accro ! ^^ Le summum a été de rencontrer l'auteur aux Imaginales il y a 2 ans ;)
    Bonne suite de lecture !

    RépondreSupprimer
  3. Superbe chronique et ravie que cela t'ait plu !
    J'aime beaucoup Fitz mais je crois que je préfère le Fou...

    RépondreSupprimer
  4. Aaaaaaah, cette série, quelle claque !
    C'est sûrement une de mes séries fantasy préférées ! Si tu as l'intention de tout lire, je te conseille de caler Les Aventuriers de la Mer au milieu, pour tout avoir dans l'ordre chronologique. Ça permet de comprendre pas mal de choses (sur le plan politique et magique puisque ça se passe dans lez mêle univers) et de découvrir davantage certains personnages que l'on va retrouver.

    RépondreSupprimer

N'hésitez pas à laisser un petit mot, ça fait toujours plaisir ! :-)